Jacou, Citoyenne, écologique et sociale (Patrick Brechotteau)

Le mal logement

Le nombre de logements sociaux publics sur la métropole est de 33 800, et il y avait 24 500 demandes en attente au 31 décembre 2018 ! Le délai d’attente est aujourd’hui supérieur à 2 ans.

En ce qui concerne votre commune, êtes-vous satisfait.e de la situation décrite ci-dessus, sinon quelles mesures proposez-vous pour l’améliorer ?

Non pas vraiment satisfait, en effet la situation que vous décrivez est une situation réelle mais pas inéluctable. Une vraie politique d’accès au logement est impérative, il faut qu’elle soit une priorité nationale, un accroissement de la construction ne peut être le seul moyen d’y parvenir. Il faut d’abord intéresser à l’accès et par conséquent à faire tomber les barrières essentiellement financières qui pèsent sur les demandeurs; Il suffit d’observer nos paysages pour se rendre compte que la mise en chantier de logements neufs est en pleine croissance mais elle n’est pas faite pour ceux qui attendent depuis plusieurs années. Proposer des logements à haute qualité environnementale à des ménages qui ne peuvent y accéder creuse davantage l’inégalité; Vivre dans un logement décent et adapté aux normes reconnues pour leurs vertus écologiques et économiques doit être le pari du futur. Il faut s’attacher à permettre aux plus fragiles de ne plus consacrer parfois près de la moitié de leur budget mensuel au seul paiement du loyer. Revoir la politique d’aide au logement et favoriser au maximum l’acquisition pour les ménages afin de sortir du cerce infernal de la précarité locative.

L’accès au logement

Des mesures existent (loi SRU, loi Elan, permis de louer, encadrement des loyers…) concernant l’accès aux logements. On constate que le prix des loyers dans le parc privé est en moyenne de 12,5€/ m2, et peut atteindre 19€/m2 pour les petits logements qui sont les plus demandés. Certaines possibilités comme l’encadrement des loyers ne semblent pas utilisées.

Ces mesures vous conviennent-elles, pensez-vous qu’il faudrait en modifier certaines, ou en proposer de nouvelles ? Lesquelles êtes-vous prêt.e à appliquer ?

Les mesures telles que la loi SRU, Elan, ou le permis de louer existent mais elles trouvent leurs limites. Une application plus sincère de la loi SRU va dans le bon sens, la loi Elan également. En revanche le permis de louer qui est nécessaire à la résorption de l’habitat indécent ne participe pas à la réduction du délai moyen de relogement. Les propriétaires privés et cela est parfaitement légitime, réévaluent les loyers des logements pour lesquels ils ont fait des efforts financiers importants, ensuite les familles modestes ne peuvent que rarement y prétendre. L’encadrement des loyers n’est pas essentiel, c’est l’offre sociale qui doit répondre aux besoins des citoyens pour des logements à tarifs sociaux et faire baisser le niveau des loyers du secteur privé mais pas la loi. Le propriétaire doit être libre de choisir le montant du loyer, ils baisseront dès lors que la demande et l’attente d’un logement aura diminué. Conclusion, renforcer les dispositifs, SRU, Elan pour inverser la tendance inflationniste de l’offre et de la demande et poursuivre la lutte contre l’habitat dégradé pour éviter les drames du mal logement qui font régulièrement l’actualité.

Un toit pour tous

Actuellement, des centaines de personnes et de familles avec enfants habitent dans des bidonvilles, des squats, des garages, des tentes,… sur le territoire de Montpellier. Les conditions de vie y sont difficiles et parfois non sécurisées. Les expulsions, à la fin de la trêve hivernale, accentuent cette problématique, jetant chaque année de nouvelles personnes à la rue.

Quelles actions proposez-vous pour mettre fin à ces situations, pour garantir un toit à toutes et à tous ? Envisagez-vous par exemple de réhabiliter les espaces disponibles ?

Le constat d’un nombre de plus en plus important de personnes ou de famille avec enfants qui vivent dans ces conditions dignes d’un autre siècle est plus que préoccupant. Il est urgent de mettre en place les dispositifs sociaux , les outils de prévention, les structures et les moyens humains nécessaires pour que nul ne soit confronté à la violence de ces conditions de vie voir de survie ou à l’insécurité locative. l’accompagnement social a besoin d’être renforcé et soutenu, les dispositifs du type AVDL (Accompagnement Vers et Dans le Logement) doivent être déployer dès les premières difficultés des locataires sans attendre le cycle infernal de l’expulsion et des traumatismes qu’engendrent ces situations. La réhabilitation et l’acquisition de bâtit à rénover doit permettre d’engager le tissu associatif et celui de l’apprentissage dans une participation active de la population dans la chaîne de concertation pour enraciner la vie de quartier. Des opérations de réhabilitations dans lesquelles tous les acteurs prennent parti, les élus, les citoyens, les opérateurs sociaux , les institutionnels etc..

L’habitat indigne et la rénovation

Dans la situation de tension immobilière que vit l’aire urbaine de Montpellier, l’habitat indigne et les passoires énergétiques se multiplient, aggravent la charge financière des ménages les plus pauvres pour se chauffer, aggravent leurs problèmes de santé ou en créent d’autres et constituent un problème écologique reconnu.

Il existe un plan départemental de lutte contre l’habitat indigne. Le connaissez-vous et vous paraît-il satisfaisant ?

Oui et ce plan est nécessaire mais pour répondre à l’urgence dans nombre de situations il faudrait le renforcer; Le circuit diagnostic et d’intervention est trop complexe pour les familles qui vivent dans ces logements, les délais sont importants et exposent les occupants. Comme dans de nombreux secteurs, les travailleurs sociaux du département, les services communal d’hygiène et de santé et les services de la CAF ou de l’ARS sont très sollicités et ne peuvent que gérer l’urgence de l’urgence. Les moyens humains doivent être renforcés pour que ce plan puisse atteindre ses objectifs.

Envisagez-vous une incitation à la rénovation de l’habitat ancien ? Comment éviter que cette rénovation ne conduise à écarter les personnes en difficultés et à une « gentrification » par l’augmentation des loyers ?

Les « ghettos »de privilégiés existent déjà et l’incitation à la rénovation a montré ses limites. Néanmoins, les dispositifs d’aides doivent permettre à des propriétaires modestes d’entreprendre des travaux qu’ils soient eux-mêmes occupants ou pour les locataires de ces logements. Il faut maintenir ce qui existe et soutenir davantage la mise en location à vocation sociale. La rénovation doit permettre aux plus modestes, qu’ils soient propriétaires ou locataires, de vivre dans des logements isolés, sains et adaptés aux normes qualitatives et environnementales

Comment favoriser la lutte contre les passoires énergétiques ?

même réponse que précédente

Quelles mesures vous engagez-vous à prendre afin de faciliter l’accès au logement pour les personnes en situation de handicap ?

Il faut absolument revenir à une adaptabilité des nouveaux programmes de logements, c’est un besoin actuel et futur, les logements adaptés sont absolument indispensables pour les personnes en situation de handicap et pour maintenir nos anciens dans leurs logements; le financement des aménagements pour les logements existants doivent être soutenus et facilités.

Mobilité

Vu les problèmes de prix des loyers, les personnes habitent de plus en plus loin de leur lieu de travail. Dans un contexte d’urgence climatique il nous paraît essentiel de développer des systèmes de transports alternatifs à la voiture individuelle et accessible à tous.

Quelles mesures proposez-vous ?

La mobilité est un enjeu crucial, il faut développer les solutions alternatives de transports et soutenir l’équipement de véhicules propres. la gratuité des transports est une vraie solution sa mise en oeuvre prouve que l’aspect financier est un levier important à utiliser partout où cela est possible, les aménagements en matière de télé-travail et le développement de transports collectifs propres avec des horaires plus adaptés

AirBNB

Dans un contexte de tension du marché du logement, le non-respect des règles initiales de AirBNB (résidence principale, nombre limité de nuitées/an) constitue une grave anomalie, favorisant des intérêts particuliers au détriment de l’intérêt général.

Quels arrêtés municipaux prendrez-vous éventuellement ?

Notre commune n’est pas encore confrontée à cette réalité, cependant les effets produits semblent impacter le marché du logement au profit d’une spéculation qui ne peut s’installer, le nombre de nuitées doit être limité voir conditionné à la situation d’une commune. Par exemple on peut imaginer le nombre de nuitées autorisées sur une commune en fonction de l’engagement à respecter la législation SRU. Peu de logement social doit conduire à une forte limitation du nombre de nuitées.

Innovations

Des innovations sont nécessaires en matière de logement pour répondre à des aspirations nouvelles (habitats écologiques, habitats partagés, solidarités intergénérationnelles, occupations intercalaires, office foncier solidaire…) .

Quelles innovations proposez-vous en matière de logement?

Nous sommes partisans et militants d’un renforcement du lien intergénérationnel, c’est dans notre programme, envisager une solidarité au quotidien entre les jeunes et les anciens, les actifs et les retraités peut aussi se traduire par une approche différente de l’habitat. Créer des lieux de vie où chacun apporte à l’autre. Permettre aux anciens de rester dans leur logement en louant contre service, cela existe trop peu cela doit être développé et accompagné. Des initiatives de jardins et d’épiceries solidaires par quartiers. Tout ce qui peut permettre de créer du lien et qui nécessite l’implication de chacun ne peut que participer à la cohésion de nos sociétés.

Habitat et climat

Le réchauffement climatique (montée des eaux, phénomènes violents et canicules…) aggrave la situation de l’habitat notamment pour les plus précaires.

En matière de logement, quelles mesures proposez-vous face au réchauffement climatique?

Déjà évoqué plus avant

Coopération avec notre initiative

Nos associations ont développé une expertise sur ces sujets et ont des propositions concrètes, quelle collaboration envisagez-vous avec nous ?

Bien entendu, l’expérience et la connaissance du terrain venant des associations sont précieuses, l’ampleur du problème force à l’humilité et à l’ouverture. Les associations sont pleinement impliquées avec des moyens souvent limités. Le tissu associatif est un outil indispensable à la cohésion sociale. La collaboration des gens de terrain est très importante, tant dans les diagnostics à poser que dans la mise en œuvre de solutions.

https://decidonsjacou.wordpress.com