Décidons notre ville (Jean-Louis Fellous)

Le mal logement

Le nombre de logements sociaux publics sur la métropole est de 33 800, et il y avait 24 500 demandes en attente au 31 décembre 2018 ! Le délai d’attente est aujourd’hui supérieur à 2 ans.

En ce qui concerne votre commune, êtes-vous satisfait.e de la situation décrite ci-dessus, sinon quelles mesures proposez-vous pour l’améliorer ?

Il nous est difficile d’établir un constat précis du nombre de logements sociaux publics dans notre ville ainsi que du nombre de demandeurs et du délai d’attente. Voici la définition du logement social sur le site municipal. « Les logements sociaux sont des logements construits, achetés ou améliorés avec l’aide financière de l’Etat, gérés par des bailleurs sociaux. »

Le parc de logements (dits) sociaux doit s’établir aujourd’hui à moins de 10%. Il y en aurait 155 selon une récente étude de la Communauté de C.

La majorité actuelle de notre commune assume pleinement son retard sur la mise à disposition d’au moins 25% de logements sociaux et sur le fait de payer des pénalités. (300 000 € au dernier budget). Et le dernier PLU ne prévoit pas de rattrapage.

Notre approche est totalement à l’opposé. Un des éléments fort de notre politique d’urbanisme sera de restaurer la mixité sociale de notre ville. La tâche sera sans doute difficile vu le retard pris et nous devrons mettre en œuvre en premier lieu une implantation ambitieuse de l’habitat social public pour offrir un parc de ce type de logements répondant aux besoins.

L’accès au logement

Des mesures existent (loi SRU, loi Elan, permis de louer, encadrement des loyers…) concernant l’accès aux logements. On constate que le prix des loyers dans le parc privé est en moyenne de 12,5€/ m2, et peut atteindre 19€/m2 pour les petits logements qui sont les plus demandés. Certaines possibilités comme l’encadrement des loyers ne semblent pas utilisées.

Ces mesures vous conviennent-elles, pensez-vous qu’il faudrait en modifier certaines, ou en proposer de nouvelles ? Lesquelles êtes-vous prêt.e à appliquer ?

Nous avons bien conscience que la question de l’accès à un logement correct et adapté est un enjeu majeur en France et dans notre département. Une étude récente de notre communauté de Communes montre que notre parc de logements se compose essentiellement de «maisons individuelles (87%) traduisant un habitat dispersé». Avec un «manque de mixité de logement en matière de taille, grande majorité de logement de grande taille (32% sont des logements ont 3 pièces, 25% ont 4 pièces, et 41% ont 5 pièces et plus. Une part faible de locataires (22%) qui peut s’interpréter par des difficultés d’accès financières ou par une faible offre». Ce constat ne peut que nous engager à d’une part étendre la part du logement locatif et du logement social dans notre ville et d’autre part à utiliser tous les leviers cités pour faciliter l’accès au logement.

Un toit pour tous

Actuellement, des centaines de personnes et de familles avec enfants habitent dans des bidonvilles, des squats, des garages, des tentes,… sur le territoire de Montpellier. Les conditions de vie y sont difficiles et parfois non sécurisées. Les expulsions, à la fin de la trêve hivernale, accentuent cette problématique, jetant chaque année de nouvelles personnes à la rue.

Quelles actions proposez-vous pour mettre fin à ces situations, pour garantir un toit à toutes et à tous ? Envisagez-vous par exemple de réhabiliter les espaces disponibles ?

Ces situations ne se rencontrent pas dans notre ville. L’épuisement de la réserve foncière de notre commune complique aujourd’hui la mise en œuvre d’une réelle politique de l’habitat social. Nous étudierons au cas par cas toutes les possibilités de restaurer la mixité sociale. Nous romprons avec la politique du «tout promoteurs» et nous privilégierons, à tout autre type d’urbanisme, un habitat plus vertical intégré, à l’architecture attrayante et économe de foncier, en concertation avec la Communauté de Communes, le Département et les organismes publics (Hérault Habitat).

L’habitat indigne et la rénovation

Dans la situation de tension immobilière que vit l’aire urbaine de Montpellier, l’habitat indigne et les passoires énergétiques se multiplient, aggravent la charge financière des ménages les plus pauvres pour se chauffer, aggravent leurs problèmes de santé ou en créent d’autres et constituent un problème écologique reconnu.

Il existe un plan départemental de lutte contre l’habitat indigne. Le connaissez-vous et vous paraît-il satisfaisant ?

Quelques idées de notre programme pour répondre à ces préoccupations : Création d’une « Commission Associations-Solidarité » pour soutenir des projets réduisant les inégalités, relatifs notamment au logement des personnes défavorisées. Mise ne œuvre d’une politique de rénovation énergétique ciblée sur les foyers à faible revenu. Création d’une Commission Communale d’Accessibilité, instance de bilan, de concertation et d’échanges composée de représentants de la commune, de membres d’associations ou d’organismes représentant les personnes handicapées (APAJH…) pour tous les types de handicap.

Envisagez-vous une incitation à la rénovation de l’habitat ancien ? Comment éviter que cette rénovation ne conduise à écarter les personnes en difficultés et à une « gentrification » par l’augmentation des loyers ?

Transformation d’un quartier en «écoquartier» par exemple.

Comment favoriser la lutte contre les passoires énergétiques ?

Mise en œuvre d’une politique de rénovation énergétique ciblée sur les foyers à faible revenu, comme déjà évoquée.

Quelles mesures vous engagez-vous à prendre afin de faciliter l’accès au logement pour les personnes en situation de handicap ?

Dresser un état des lieux avec la création d’une Commission Communale d’Accessibilité, instance de bilan, de concertation et d’échanges composée de représentants de la commune, de membres d’associations ou d’organismes représentant les personnes handicapées (APAJH…) pour tous les types de handicap.

Mobilité

Vu les problèmes de prix des loyers, les personnes habitent de plus en plus loin de leur lieu de travail. Dans un contexte d’urgence climatique il nous paraît essentiel de développer des systèmes de transports alternatifs à la voiture individuelle et accessible à tous.

Quelles mesures proposez-vous ?

Voici nos propositions en matière de mobilité. Transports collectifs : aménagement d’un parking pour le covoiturage vers Montpellier, création d’une «navette» urbaine intra-muros gratuite. création de plateformes de véhicules électriques (auto, vélo) en partage, amélioration en concertation avec la métropole, le département, la Communauté de Communes de la fréquence des dessertes vers la station Occitanie et les villes de l’arrière pays. Réseaux piétonniers : complémenter les réseaux existants et assurer leur entretien. Pistes cyclables : entretien et amélioration des pistes cyclables existantes et création des jonctions manquantes, impliquer la Communauté de Communes sur les liaisons de son territoire à partie de la ville, maillage avec nouvelle piste cyclable vers Occitanie.

AirBNB

Dans un contexte de tension du marché du logement, le non-respect des règles initiales de AirBNB (résidence principale, nombre limité de nuitées/an) constitue une grave anomalie, favorisant des intérêts particuliers au détriment de l’intérêt général.

Quels arrêtés municipaux prendrez-vous éventuellement ?

Nous avons repéré une trentaine de locations proposées par la plateforme. Nous serons vigilants sur l’évolution de ce parc. Les communes pourront peut-être bientôt exiger une liste précise des logements loués par les plateformes de location temporaire. Pour contrer le développement de ce type de locations nous commencerons par un recensement le plus exhaustif possible. Notre action sera pédagogique d’abord puis répressive ensuite comme l’obligation d’une déclaration de meublé en ligne ou la limitation du nombre de jours de location.

Innovations

Des innovations sont nécessaires en matière de logement pour répondre à des aspirations nouvelles (habitats écologiques, habitats partagés, solidarités intergénérationnelles, occupations intercalaires, office foncier solidaire…).

Quelles innovations proposez-vous en matière de logement?

Nous proposerons la Création d’un référent «conseil énergétique» en mairie, la Création d’un pôle écologique intervenant dans des domaines tels que l’aménagement, le transport, la communication.

Habitat et climat

Le réchauffement climatique (montée des eaux, phénomènes violents et canicules…) aggrave la situation de l’habitat notamment pour les plus précaires.

En matière de logement, quelles mesures proposez-vous face au réchauffement climatique?

Ce sujet est très sensible au sein de notre groupe. Et parmi les nombreuses propositions que nous pensons promouvoir, en voici quelques unes très représentatives :

Transformer un quartier en «écoquartier» selon proposition d’un comité de résident-e-s. Accompagner les ménages dans la recherche d’économies d’énergie par de l’information (site de la Mairie, bulletin municipal…), de la pédagogie (conférences, ateliers brochures…) et par le renforcement des partenariats (ADEME, Quercy-Énergies…).

Mener une politique d’aide fiscale à la rénovation des logements.

Mettre en place « une charte verte » avec les entrepreneurs et artisans visant à promouvoir les matériaux écologiques et les bonnes pratiques.

Soutenir les écoconstructions. Associer les Saint Gillois aux projets d’investissement.

Coopération avec notre initiative

Nos associations ont développé une expertise sur ces sujets et ont des propositions concrètes, quelle collaboration envisagez-vous avec nous ?

Ce thème fera l’objet de notre prochaine discussion plénière.

www.decidonsnotreville.org