Rassemblement des écologistes et de la gauche (Clothilde Ollier)

Le mal logement

Le nombre de logements sociaux publics sur la métropole est de 33 800, et il y avait 24 500 demandes en attente au 31 décembre 2018 ! Le délai d’attente est aujourd’hui supérieur à 2 ans.

En ce qui concerne votre commune, êtes-vous satisfait.e de la situation décrite ci-dessus, sinon quelles mesures proposez-vous pour l’améliorer ?

-Cesser les attributions « clientélistes »

-Attribuer les logements sociaux en toute transparence

-Réhabiliter en logements sociaux une partie des 12 000 logements vacants répartis sur Montpellier

-Restructurer les bailleur sociaux pour augmenter significativement la construction de logements sociaux

-Encourager largement l’accession sociale à la propriété

L’accès au logement

Des mesures existent (loi SRU, loi Elan, permis de louer, encadrement des loyers…) concernant l’accès aux logements. On constate que le prix des loyers dans le parc privé est en moyenne de 12,5€/ m2, et peut atteindre 19€/m2 pour les petits logements qui sont les plus demandés. Certaines possibilités comme l’encadrement des loyers ne semblent pas utilisées.

Ces mesures vous conviennent-elles, pensez-vous qu’il faudrait en modifier certaines, ou en proposer de nouvelles ? Lesquelles êtes-vous prêt.e à appliquer ?

Le prix de location de 12,5 euros par m2 dans le logement privé correspond au plafond autorisé dans le cadre des dispositifs de défiscalisation du logement neuf. Ces dispositifs nationaux, créés pour résorber la crise du logement, ont fait exploser le prix d’achat de l’immobilier résidentiel dans les métropoles. La rentabilité pour les investisseurs est donc limitée, ce qui fait monter les loyers.

L’encadrement des loyers est une bonne chose que nous appliquerons. Il doit s’accompagner d’une baisse significative du coût d’achat de l’immobilier. Il faut pour cela répercuter le faible prix du terrain en ZAC (comparé aux autres terrains à bâtir) sur les prix de vente. Ce dispositif doit s’accompagner de la construction de logements sociaux pour que l’offre locative publique fasse baisser l’offre privée, le marché privé s’alignant alors sur celui du public.

Le permis de louer sera mis en place par notre équipe et nous associerons des associations et collectifs d’habitants à la réalisation du PLH.

Un toit pour tous

Actuellement, des centaines de personnes et de familles avec enfants habitent dans des bidonvilles, des squats, des garages, des tentes,… sur le territoire de Montpellier. Les conditions de vie y sont difficiles et parfois non sécurisées. Les expulsions, à la fin de la trêve hivernale, accentuent cette problématique, jetant chaque année de nouvelles personnes à la rue.

Quelles actions proposez-vous pour mettre fin à ces situations, pour garantir un toit à toutes et à tous ? Envisagez-vous par exemple de réhabiliter les espaces disponibles ?

Aucune expulsion sans proposition de relogement

-Application de la loi DALO

-Permis de louer

-Expropriation des marchands de sommeil

-Occupation intercalaire : aménagement des bâtiments publics vides pour héberger les sans-abris de manière transitoire pendant le temps d’attente du début de nouveaux travaux (comme l’ancienne maternité, les archives ou l’ancienne mairie)

-Création d’agences immobilières à vocation sociale

-Création d’un fond de garantie des loyers en échange d’un loyer bas pour les locataires les plus démunis afin d’encourager le retour des logements vides à la location (garantie visale)

L’habitat indigne et la rénovation

Dans la situation de tension immobilière que vit l’aire urbaine de Montpellier, l’habitat indigne et les passoires énergétiques se multiplient, aggravent la charge financière des ménages les plus pauvres pour se chauffer, aggravent leurs problèmes de santé ou en créent d’autres et constituent un problème écologique reconnu.

Il existe un plan départemental de lutte contre l’habitat indigne. Le connaissez-vous et vous paraît-il satisfaisant ?

Le plan départemental de lutte contre l’habitat indigne, décliné dans la France entière, ne tient pas compte de la spécificité du département de l’Hérault qui est dans une situation particulièrement dramatique. Nous complèterons ce dispositif via les financements de l’ANRU (par exemple le milliard pour la rénovation de La Paillade doit être prioritairement dépensé pour la réhabilitation et non la rénovation -démolition/reconstruction- des bâtiments existants)

Envisagez-vous une incitation à la rénovation de l’habitat ancien ? Comment éviter que cette rénovation ne conduise à écarter les personnes en difficultés et à une « gentrification » par l’augmentation des loyers ?

La réhabilitation de l’habitat ancien est une priorité puisque notre programme ne prévoit pas la création de nouveaux quartiers. Les incitations seront la facilitation d’obtention des subventions de l’Etat, très importantes dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville. Par ailleurs, la création du fond de garantie des loyers ne s’appliquant qu’aux locataires les plus démunis, nous pensons que cela évitera la gentrification à condition de répartir ces aides dans tous les quartiers plutôt que de les concentrer dans les mêmes zones.

Comment favoriser la lutte contre les passoires énergétiques ?

En aidant les propriétaires à remplir les dossiers de demandes de subventions et en leur proposant des entreprises sérieuses !

Quelles mesures vous engagez-vous à prendre afin de faciliter l’accès au logement pour les personnes en situation de handicap ?

Réhabiliter les Rez-de-Chaussée en les rendant accessibles aux personnes en situation de handicap dans les immeubles sans ascenseur.

Mobilité

Vu les problèmes de prix des loyers, les personnes habitent de plus en plus loin de leur lieu de travail. Dans un contexte d’urgence climatique il nous paraît essentiel de développer des systèmes de transports alternatifs à la voiture individuelle et accessible à tous.

Quelles mesures proposez-vous ?

Tout d’abord, nous limiterons la mobilité « contrainte » en améliorant l’accès aux services et commerces de proximité accessibles à pied et en vélo dans les 35 quartiers de Montpellier. Ensuite, pour l’accès au reste de la ville, nous développerons un réseau performant de pistes cyclables de 300km à l’échelle de la métropole, améliorerons l’offre de bus en plus de la ligne 5 de tramway, que nous achèverons fin 2022 et non en 2025 comme proposé par l’équipe en place.

AirBNB

Dans un contexte de tension du marché du logement, le non-respect des règles initiales de AirBNB (résidence principale, nombre limité de nuitées/an) constitue une grave anomalie, favorisant des intérêts particuliers au détriment de l’intérêt général.

Quels arrêtés municipaux prendrez-vous éventuellement ?

-Limiter les AirBnB à la location de chambres dans un appartement occupé à titre principal

-Interdire de la location d’immeubles entiers

-Créer un contrôle actif

Innovations

Des innovations sont nécessaires en matière de logement pour répondre à des aspirations nouvelles (habitats écologiques, habitats partagés, solidarités intergénérationnelles, occupations intercalaires, office foncier solidaire…)

Quelles innovations proposez-vous en matière de logement?

Un des moyens de diminuer le coût des logements est l’habitat participatif, développé le plus souvent par des coopératives. Cet habitat a de nombreux avantages :

-coût d’achat réduit,

-charges de copropriété réduites,

-lutte contre l’isolement des personnes seules,

-insertion de logements sociaux

-animation des quartiers grâce à l’ouverture de salles communes à l’extérieur,

Aujourd’hui, le foncier est pour eux très difficile d’accès et nombre de groupes ne trouvent pas de terrain à Montpellier malgré l’énergie qu’ils déploient. Nous leur favoriserons l’accès au foncier.

Pour les personnes âgées, l’exemple des maisons en partage du Gard est pour nous un modèle.

Habitat et climat

Le réchauffement climatique (montée des eaux, phénomènes violents et canicules…) aggrave la situation de l’habitat notamment pour les plus précaires.

En matière de logement, quelles mesures proposez-vous face au réchauffement climatique?

Il faut anticiper ces situations et surtout ne pas créer de quartiers en zone inondable comme c’est aujourd’hui parfois encore le cas !

Même réponse qu’aux questions 3 et 6

Coopération avec notre initiative

Nos associations ont développé une expertise sur ces sujets et ont des propositions concrètes, quelle collaboration envisagez-vous avec nous ?

Nous créerons une commission extra-municipale ayant pour objet de co-construire les réponses aux problématiques de logement. Les associations comme les vôtres en seront bien sûr partie prenante.

www.ollier2020.com